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Le reflet est pour les couleurs ce que l’echo est pour les sons.

Joseph JOUBERT

 

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Effets d’optique

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LE CIMETIÈRE DES ÉLÉPHANTS – Conte africain

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Autrefois, le peuple des éléphants vivait au bord de la rivière Sankourou. Il avait pour roi le puissant et sage Khoro. Un jour, le petit tisserin se posa sur la défense de Khoro et lui raconta, tout effrayé :  » Hélas, puissant Khoro ! c’est terrible ! Une foule d’êtres noirs à deux pattes est arrivée dans notre pays. Ils possèdent de drôles d’objets qui tuent. Ils s’étendent partout et dévastent tout sur leur passage.  » Khoro sourit :  » Je connais ces êtres. Ce sont les hommes. Ils sont petits et ne sont pas très forts. Leurs armes ne peuvent pas transpercer l’épaisse peau des éléphants.  » Cependant, peu de temps après, Khoro cessa de sourire. Les hommes noirs n’étaient ni très grands, ni très forts, mais ils étaient nombreux. Certes, leurs armes ne pouvaient transpercer l’épaisse peau des éléphants. Toutefois, une flèche bien lancée pouvait tuer un éléphant si elle le frappait à l’oeil. Les hommes brûlaient les forêts pour en faire des champs. En outre, une terrible sécheresse éprouvait le pays. Les éléphants se trouvèrent aux abois. Ils mouraient de faim et par les armes des hommes noirs. C’est alors que le puissant Roi des Éléphants rassembla ses sujets et leur dit :  » Cette terre n’est plus bénie des dieux. La famine et les hommes noirs nous font souffrir. Nous devons partir d’ici. Nous irons vers le soleil couchant. Notre route sera droite, comme l’était jusqu’à présent notre vie. Nous passerons sur tout ce qui se trouvera sur notre chemin, que ce soient les marécages ou les hommes noirs. Nous sommes peut-être un petit peuple, mais chacun de nous est plus fort que dix fois dix singes. Nous atteindrons notre but. Il n’en reste pas moins que ce pays a toujours été notre terre. Aussi, nous y reviendrons quelques jours chaque année, le premier mois qui suit la saison des pluies. Ainsi, nos enfants la connaîtront, les vieux et les malades pourront y vivre leurs derniers instants.  » Ainsi parla le puissant Khoro, et il en fut comme il dit. Le passage des éléphants ressembla à celui d’une tornade : les arbres furent arrachés, les champs piétinés, les villages détruits. Beaucoup d’hommes périrent. La force des éléphants était effrayante. Cela s’est passé, il y a longtemps, très longtemps, mais chaque année, les éléphants continuent à emprunter le même chemin pour montrer leur ancienne patrie à leurs petits et pour que les vieux puissent y mourir. Depuis ce temps, on ne trouve plus de cadavres d’éléphants dans la forêt car ceux-ci vont mourir sur les bords de la rivière Sankourou. Là se trouve leur cimetière bien que personne ne sache l’endroit exact. 

Mignons à croquer !

Bébés en pâte d’amende…

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La Russie veut détourner un astéroide

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Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a divergence de vues entre les agences spatiales russes et américaines, sur le devenir de l’astéroïde Apophis. Alors que les américains estiment que le risque de collision avec la Terre est nul en 2036, l’Agence russe espère construire un engin capable de détourner la trajectoire de ce gigantesque caillou (270 mètres de diamètre, 27 millions de tonnes).

Apophis a été découvert en 2004. A l’époque, des premiers calculs donnaient un risque élevé (2,7%) qu’il puisse entrer en collision avec la Terre ou la Lune en 2029. Calculs rapidement précisés, qui ont conclu à un risque négligeable. Mais il reste une infime probabilité que cette année là, Apophis se faufile dans un « trou gravitationnel » de 600 mètres de diamètre, qui pourrait le mettre sur une trajectoire de collision avec la Terre sept ans plus tard. Probabilité estimée à une (mal)chance sur 45 000 par la Nasa, qui reconnaît qu’on manque encore de données  sur l’astéroïde pour produire des calculs précis. Jusqu’en 2011, Apophis sera trop près du soleil pour être correctement observé, et il faudra deux ans de plus pour qu’il se rapproche assez de la Terre pour permettre son étude par radar.

Pour Anatoly Perminov, le patron de l’Agence spatiale fédérale russe Roscosmos, pas question d’attendre pour agir. Dans une interview accordée le 30 décembre à la radio Voix de la Russie, il annonce son intention de construire un dispositif pour écarter Apophis, et invite les agences européenne et américaine à se joindre au projet.

Pour l’instant, les agences n’ont pas réagi à cette invitation. D’ailleurs, il semble probable que Perminov a imaginé ce projet pour obtenir des financements pour faire tourner son avance. La Pravda publie un cours extrait qui le laisse penser. «Je ne me rappelle plus très bien, mais il semble qu’Apophis rencontrera la Terre d’ici 2032», aurait affirmé Perminov. Une erreur de date, soulignée par la Pravada, qui en dit long sur la préparation de son intervention. L’agence russe rappelle d’ailleurs que la probabilité de collision est infime (Elle donne un chiffre de 1 sur 250 000, quand la Nasa annonce 1 sur 45 000.).

Au passage, Permanov a annoncé le retour d’une mission habitée vers la Lune pour 2032, sans dire quel pays serait derrière. Un moyen d’échapper à la chute sur Terre d’Apophis?

Source «Science & Vie »

Bon, facile et pas cher

BLANQUETTE DE VOLAILLES AUX CHAMPIGNONS

Préparation 20 mn – Cuisson : 30 mn

Ingrédients pour 4 personnes :

  • 600 g de blanc de poulet (ou de dinde)
  • 250 g de champignons (frais si possible)
  • 50 g de beurre
  • 1 oignon
  • 1 carotte
  • 1 grand pot de crème fraîche
  • 1 petite cuillère à soupe de farine
  • 2 cuillères à soupe de fond de volaille déshydratée
  • 1 citron
  • Sel, poivre

Couper les blancs en lamelles de 5 cm de long environ

Emincer l’oignon , couper la carotte en fines tranches et les faire revenir

Faire cuire les lamelles de volaille avec les champignons (si ce sont des frais les cuire préalablement à part et les ajouter sans leur jus), en couvrant.

Dans un saladier, mélanger la crème fraiche, le fond de volaille, la farine, le sel et le poivre.

Ajouter ce mélange aux blancs de volaille et mélanger. Laisser cuire 20/25 mn.

Au moment de servir, ajouter le jus de citron

Accompagner de riz.

CRUMBLE AUX POMMES

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Préparation 20 mn – Cuisson : 30 mn

Ingrédients pour 6 personnes :

  • 6 belles pommes (des Canada par exemple)
  • 150g de cassonade
  • 150 g de farine de blé
  • 125 g de beurre (le sortir une ½ heure avant de commencer)
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • Cannelle en poudre
  • Le jus d’un citron

Préchauffer le tour à thermostat 7 (210°)

Peler, évider et découper les pommes en cubes grossiers, les répartir dans un plan allant au four, verser dessus le jus de citron, la cannelle et le sucre vanillé.

Dans un saladier, mélanger la farine et la cassonade. Puis ajouter le beurre en petits cubes et mélanger à la main de façon à former une pâte grumeleuse.

Emietter cette pâte en dessus des pommes de façon à les recouvrir.

Mettre au four une bonne 1/2heure.

Servir tiède avec de la crème fouettée ou de la glace à la vanille.

L’amour au fil de l’eau

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Origine, histoire et dictons du mois de JANVIER

Romulus composa l’année de dix mois ; Numa Pompilus y ajouta ceux de janvier et février. Les calendes de janvier étaient particulièrement consacrées au dieu Janus, dont les deux visages regardaient l’année qui venait de finir et celle où l’on entrait. On offrait à ce dieu, dans le cours de la première journée, le gâteau nommé janual, des dattes, des figues et du miel ; les artistes et les artisans ébauchaient la matière de leurs ouvrages, persuadés que le travail de ce jour leur assurait une année favorable. On se visitait, on s’adressait des voeux, on se gardait de laisser échapper un propos de mauvais augure, on s’envoyait des présents ; le soir on se régalait en l’honneur de Janus.

janus.jpg le dieu Janus

On pense que l’usage des souhaits d’étrennes vient des Romains. Tatius, roi des Sabins, et qui régnait dans Rome conjointement avec Romulus, considéra, dit-on, comme un bon augure le présent qu’on lui fit le premier jour de l’an de quelques branches coupées dans un bois consacré à Strenia ; il autorisa la coutume des présents faits à cette époque, et leur donna le nom de Streniae

Avant la Révolution de 1789, et dans plusieurs provinces de France, les usages suivis le premier jour de l’an conservaient les traces de la fête du Gui que célébraient les anciens Druides. Les enfants du Vendomois couraient les rues dans ce jour solennel, et demandaient à ceux qu’ils rencontraient le Gui-l’an-neu. Dans la dernière nuit de l’année, le peuple du Maine parcourait également les rues en chantant des chansons dont le refrain était toujours : Donnez-nous le Gui-l’an-neu

La Fête des Rois ou Epiphanie : ce dernier nom signifie apparition. C’est en effet le jour où le Christ commença de se faire connaître aux gentils, et où les quatre rois appelés Mages dans l’Ecriture vinrent l’adorer. 

L’analogie qui existe entre les habitudes de cette fête et celle des Saturnales a fait penser que l’une était la continuation de l’autre. Les Saturnales se célébraient du 15 au 21 décembre. 

Dans la Beauce, un souper splendide a lieu la veille des rois ; le président du repas est toujours la personne la plus respectée parmi les convives. Avant d’entamer le gâteau, on fait mettre sur la table un enfant ; c’est le plus jeune garçon de la famille. Quand la part est coupée, le président dit : Fébé (la fève). L’enfant qui s’est levé répond : Domine ; le président reprend : Pour qui ? L’enfant répond : Pour le bon Dieu. Cette part est mise en réserve, et on la donne au pauvre qui vient la demander. 

Le projet Genographic

adn.jpg La National Geographic Society et IBM se lancent dans une étude sans équivalent, d’une durée de cinq ans, qui rassemblera la plus vaste collection d’échantillons d’ADN existant au monde afin de retracer la manière dont l’humanité a peuplé la planète. Le Projet Genographic utilisera les analyses informatiques de l’ADN les plus perfectionnées, grâce à la contribution de centaines de milliers de personnes – parmi lesquelles des populations indigènes et le grand public -, pour mettre en lumière l’histoire migratrice de l’homme et pour mieux comprendre les liens et les différences qui composent l’espèce humaine.

A) Recherche sur le terrain
- Le cœur du projet est constitué par la collecte d’échantillons sanguins provenant de populations indigènes dont l’ADN contient des gènes marqueurs clés qui n’ont guère changé depuis des centaines de générations et qui en font des indicateurs fiables des modèles migratoires ancestraux. Le professeur Wells et un groupe de dix scientifiques, appartenant à des institutions internationales de premier plan, auront la responsabilité de la recherche sur le terrain et des travaux de laboratoire. Un centre de recherches complémentaire sera consacré à l’analyse de l’ADN provenant de restes anciens. La Waitt Family Foundation financera cette partie du Projet Genographic. Un conseil consultatif international supervisera le choix des populations indigènes retenues pour les tests et veillera au respect des protocoles de prélèvement d’échantillons et de recherche.

B) Participation du grand public et campagne de sensibilisation
- Le public en général aura la possibilité de prendre part au projet en se procurant aux Etats-Unis sur le site www.nationalgeographic.com/genographic, rubrique  » How to participate  » le Kit de Participation du Grand Public au Projet Genographic et en soumettant un échantillon personnel, obtenu par un prélèvement dans la joue, ce qui lui permettra de suivre les développements de l’ensemble du Projet en même temps que de connaître sa propre histoire migratrice. Les résultats individuels seront stockés de façon anonyme afin de protéger la vie privée des participants. La National Geographic Society tiendra le grand public et la communauté scientifique régulièrement informés des découvertes effectuées, notamment par le biais de son site web et des nombreuses plate-formes médiatiques dont elle dispose à travers le monde.

C) Recettes du Projet Genographic
- Le produit de la vente des Kits de Participation du Grand Public au Projet Genographic contribuera à financer de futures recherches sur le terrain et à mettre sur pied un programme de subventions reposant sur l’intérêt porté depuis 117 ans aux cultures du monde par la National Geographic Society. Ce programme de subventions servira à aider des projets d’éducation et de préservation culturelle parmi les groupes indigènes participants. Les dix centres de recherches, répartis à travers le monde, représenteront leurs régions respectives. Ils sont situés en Australie (Australie/Pacifique), au Brésil (Amérique du Sud), en Chine (Asie orientale/sud-orientale), en France (Europe occidentale/centrale), en Inde, au Liban (Moyen Orient/Afrique du Nord), en Russie (Eurasie du Nord), en Afrique du Sud (Afrique sub-saharienne), au Royaume-Uni (Europe occidentale/centrale) et aux États-Unis (Amérique du Nord).

Les sept fées du miroir au fées

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Légende de Brocéliande.

On dit qu’il y a bien longtemps sur cette terre, les plantes, les bêtes, les hommes et tous les êtres du Petit peuple (fées, orcs, korrigans, géants…) vivaient en bonne intelligence, en harmonie même.

Mais les hommes, toujours entreprenants, défrichaient sans relâche pour étendre leurs cultures ; ils creusaient la terre pour en extraire la pierre, et puis le fer pour forger leurs outils, mais aussi leurs armes.

Alors, une nuit, tout le Petit Peuple s’est réuni. Longtemps ils ont parlé, et au matin tous devaient en convenir : « Etait venu le temps des hommes ». C’est à ce moment que les géants sont partis vivre dans les plus hautes montagnes du monde. Orcs et trolls ont fui vers les plaines enneigées du nord. Les korrigans, minuscules, n’ont eu qu’à se cacher dans les terriers et bosquets. Et les fées, elles ? C’est bien souvent dans l’eau des ruisseaux, des fontaines ou des lacs qu’elles ont trouvé refuge.

Il était alors sept fées, sept sœurs toutes jeunes puisque l’aînée avait à peine 350 ans. Elles aussi ont pris leur envol en quête d’un lieu où vivre à l’abri du regard des hommes. Elles ne sont pas allées bien loin, car au cœur de la forêt, elles ont découvert une vallée paisible, que seuls le cri des bêtes, le chant des oiseaux et le vif gargouillis du Rauco animaient. Au bout de la vallée, ce ruisseau s’évasait pour former un petit étang. C ‘est là qu’elles ont décidé de se retirer, et sous les eaux de l’étang elles ont bâti leur demeure. La maison terminée, elles se sont réunies et, levant chacune leur main droite, elles ont fait le serment solennel qu’à partir de ce jour plus jamais elles ne se montreraient aux hommes, jamais.

Et c’est ce qui s’est passé. Pour ne pas être surprises par les errances d’un bûcheron ou d’un promeneur, elles restaient tout le jour au fond de l’eau ; et ce n’est qu’à la nuit venue qu’elles sortaient prendre l’air, cueillir les herbes exigées par leurs magies, et pour apprendre encore. Car chacune avait sa spécialité, sa curiosité. L’aînée étudiait le pouvoir des plantes, l’autre lisait les étoiles dans la nuit, la troisième scrutait la roche, une autre parlait des heures durant à tous les êtres visibles ou invisibles, la cinquième se plongeait dans l’infiniment petit qui est en toute chose, la sixième cherchait dans l’eau quelques traces de la mémoire du monde… La septième, la plus jeune, était si vive et si curieuse qu’elle voulait tout connaître, tout savoir. Aussi, chaque soir, elle suivait l’une ou l’autre de ses sœurs et partageait chacun de leurs secrets. C’était donc aussi la plus puissante en magie.

Longtemps, elles vécurent tranquilles dans la vallée. Cent, deux cents, trois cents… mille ans ont passé sans que jamais aucun homme ne se doute de leur présence. Mais, au bout d’un millénaire, la plus jeune des fées autrefois si vivre devenait morose. Elle ne disait plus un mot. Elle s’ennuyait : tous les jours, enfermée. Souvent pour tromper l’ennui, elle se promenait étendue sur le dos, là, juste sous la surface de l’eau, profitant ainsi des rayons du soleil. Un jour qu’elle nageait ainsi entre deux eaux, elle entendit résonner un bruit inconnu. C’était comme un pas, très lourd, mêlant au son de la corne celui du métal raclant la roche. Et cela s’était arrêté au bord de l’étang. Alors, elle a filé jusqu’à la rive ; et là, juste au-dessus d’elle, elle a vu la tête d’un cheval qui s’abreuvait. Elle lui souri. Puis son petit cœur de fée s’est mis à battre, car là, juste au-dessus d’elle, un homme se penchait pour se rafraîchir. « Un homme ? pensa-t-elle. Mille ans qu’elle n’en avait pas croisé. » Que deviennent-ils ? Se font-ils encore la guerre ? Quelles nouvelles inventions géniales ? Qui règne sur le monde des hommes ? » Et il y a ce mystère, certaines fées prétendent : « Les hommes ont un étrange pouvoir. Ils ne sont pas magiciens, non. Et pourtant le plus humble d’entre eux peut tenir la plus puissante des fées à jamais prisonnière à ses côtés ».

Mille questions lui brûlent les lèvres… Et, bravant le serment, elle jaillit de l’onde et lui apparaît. Le jeune homme reste un moment bouche bée. Ebahi par tant de grâce et de beauté réunies, il est sous le charme. La fée, de son côté, le trouve bien de sa personne, sans doute un gentilhomme, habillé pour la chasse, il a fière allure. Tout le reste du jour elle va le questionner, parcourant avec lui toute la vallée, lui tâchant de lui répondre au mieux et toujours avec grande courtoisie. Le temps va filler et ce n’est qu’en fin d’après-midi qu’ils rejoignent l’étang. A cet instant, la jeune fée réalise : le soleil est déjà bas dans le ciel et la nuit va venir : « Tu ne dois pas rester là, va-t‘en vite ! » Et le jeune homme, docile, enfourche et talonne sa monture. Le regardant partir, la fée se ravise : « Attends ! Reviens demain, même heure, même lieu ! » D’un signe de la tête il lui répond. Bien sûr qu’il sera là demain. Il n’a plus qu’elle en tête. Alors elle retourne au fond de l’étang. Il était temps. Déjà ses sœurs s’apprêtent pour la nuit. Ses sœurs s’étonnent de la voir rentrer toute guillerette, chantonnant, embrassant le front de l’une, offrant une fleur de nénuphar à une autre. Elle semble soudain pleine de joie. Fatiguée par sa longue marche, la jeune fée s’allonge un instant. Fermant les yeux pour retrouver les images de ce jour, elle s’assoupit. « Il s’est passé quelque chose » pensent ensemble les six sœurs. Aussi, elles forment le cercle et de leurs magies conjuguées, elles lisent dans l’esprit de la cadette. Et elles découvrent l’horrible vérité : « Elle a rompu le serment et, de plus, a laissé cet homme repartir vivant. Il va prévenir les siens. C’en est fini de notre tranquillité. Il nous faut agir ! » Et, reformant le cercle, elles endorment la jeune fée pour tout un jour.

Le lendemain matin, le gentilhomme est de retour. Il a mis ses plus beaux habits et n’a qu’une hâte : la revoir. Mais ce n’est pas sa belle fée qui l’accueille. Sortant de l’ombre, jaillissant de l’eau, tombant des branches basses, ce sont les six sœurs qui se jettent sur le malheureux. Cinq d’entre elles le plaquent au sol, tandis que l’aînée, de ses mains, l’étrangle, le tue. Leur sale besogne accomplie, elles s’en retournent au fond de l’eau. Ce n’est qu’à l’extrême fin du jour que la jeune fée s’éveille. Tout de suite, à la lumière, elle réalise : le temps a filé, la nuit tombe déjà, son chevalier ! Elle court, elle nage –on ne sait trop- jusqu’à la berge et découvre le corps inanimé du jeune homme. C’est d’abord grande douleur, et, pour la première fois de son existence, des larmes emplissent ses yeux. Elle se penche et tend sa main vers le beau visage quand soudain elle aperçoit les traces des doigts meurtriers sur son cou. Après la douleur vient la colère, la terrible colère des fées. « Qui a fait ça ? » Elle n’a plus qu’une idée en tête venger la mort de cet innocent. Elle interroge les arbres, les oiseaux « Sui a fait ça ? » Effrayés, ils finissent par lui dire la vérité : « Ce sont tes sœurs. Mais toi seule es coupable, tu avais promis… » Mais déjà elle n’écoute plus. « Ce sont mes sœurs… » et, les yeux pleins de haine, elle retourne dans leur demeure sous les eaux, bien décidée à accomplir sa vengeance.

 Cette nuit-là, l’étang va bouillonner, la terre va trembler, tout le val va gronder du vacarme du combat des fées. Au matin, tout est calme dans la vallée. Au fond de l’étang, la jeune fée se tient débout devant ses six sœurs pétrifiées, paralysées par sa puissance. Sans aucune pitié, elle saisit sa petite serpe et, une à une, elle les égorge. Oh, ce n’est pas par cruauté, non. Elle recueille un peu du sang de chacune dedans un bol, y mêle son propre sang et quelques plants de son secret. Ensuite, elle court auprès du corps du chevalier. Entrouvrant ses lèvres, elle verse la portion sanguine dans sa gorge. La poitrine du jeune homme se gonfle, puis ses yeux s’ouvrent à la vie. Alors elle l’embrasse, de toutes ses forces, elle le serre contre son cœur. Et elle décide d’abandonner ce lieu à jamais maudit, et d’aller vivre avec lui, femme parmi les hommes.

Et l’histoire pourrait s’arrêter là. Sans doute ils furent heureux. Sûrement, ils eurent beaucoup d’enfants. Mais là, au font de l’étang, sont six fées du Petit Peuple qui agonisent. Et de leur gorge, le sang va couler, couler, se mêlant aux eaux de l’étang qui va déborder et se répandre. Sept jours et sept nuits durant, le sang des fées, rampant tel un serpent, par delà les collines et les bois, inondant chaque village, chaque vallée sur des lieues à la ronde va marque à jamais son passage. C’est pourquoi encore aujourd’hui en Brocéliande, la roche et la terre sont rouges, pourpres du sang des six fées de ce petit étang que l’on nomme le Miroir aux Fées.

Le miroir aux fées dans la forêt du Val sans retour miroir1.jpg


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