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L’oiseau légendaire Maori

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La légende maori parle d’un oiseau géant, noir et blanc, avec une crête rouge et le bout des ailes vertes et jaunes. Toujours selon la légende, le Te Hokioi se nourrissait d’hommes.

Une étude scientifique menée par l’Université de Nouvelle-Galles du Sud a confirmé l’existence d’un tel prédateur. Le Te Hokioi serait un aigle de Haast, une race disparue il y a seulement 500 ans.

Après avoir analysé le bassin de l’oiseau, les scientifiques estiment son envergure à 3 mètres pour un poids de 18kg. Pour le conservateur du musée zoologique de Christchurch l’aigle de Haast « était certainement capable de piquer vers le sol et d’attraper un enfant ». 

L’origine des fées

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Trois hypothèses principales apparaissent interressantes:

 Sir J. M. Barrie, « Le petit oiseau blanc ».
« Lorsque le premier bébé rit pour la première fois, son rire se brisa
en un million de morceaux, et ils sautèrent un peu partout. Ce fut l’origine des fées. » 

Les Fées, elfes, et autres élémentaux naquirent d’une race de géant.
Dans des temps anciens, des géants régnaient sur l’ère Innocente. Lorsque les temps nouveaux arrivèrent l’Etat naturel brut fut modifié pour préparer l’ère des hommes ; les géants, vaincus, s’adaptèrent à la nature en diminuant de taille.Ils prenaient alors toutes sortes d’apparences selon le penchant de leur essence et caractère, et détenaient des pouvoirs volés aux Dieux.

Légende islandaise : Naissance des esprits élémentaires. Eve lavait ses nombreux enfants quand Dieu lui apparut. Honteuse des enfants qu’elles n’avait pas encore lavé, elle les cacha derrière son dos. Dieu s’en aperçut et pour la punir décida que ces enfants demeureraient invisibles aux yeux des hommes.

Ethymologie :L’origine du mot Fée remonte au Moyen âge (début XIIème siècle), et dériverait du latin « fatum » : le destin et de « fata » nom de la déesse latine des destinées.Aujourd’hui les Italiens utilisent toujours le mot « fata » pour désigner les Fées.


En Provence, un « fada » est un innocent, un simplet, un fou mais inspiré car s’il a perdu la raison c’est qu’il a été touché par le doigt d’une Fée.
En Ecosse, le mot « fey » désigne un être poursuivi par la fatalité.

  • fides : la foi.
  • fari (latin) : prophétiser. Fari aurait donné faer;
  • faer (vieux français) : enchanter, charmer.

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Le temps de la vie – Conte de Grimm

Lorsque Dieu eut créé le monde et voulut mesurer à toutes les créatures le temps de leur vie, l’âne vint et demanda :  » Seigneur, combien de temps vivrai-je ? – Trente ans, répondit le Seigneur, cela te convient-il ? – Ah ! Seigneur, rétorqua l’âne, c’est un temps bien long. Pensez à mon existence fatigante : porter de lourds fardeaux du matin jusqu’au soir, transporter des sacs de blé au moulin pour que d’autres mangent le pain, n’être encouragé que par des coups de bâton et de pieds ! Retranchez donc une partie de ce temps.  » Dieu eut pitié de lui et lui fit cadeau de dix-huit années.

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Consolé, l’âne partit et le chien arriva.  » Combien de temps veux-tu vivre, lui demanda Dieu, trente années sont trop longues pour l’âne, mais toi tu en seras satisfait. – Seigneur, répondit le chien, est-ce là votre volonté ? Pensez donc comme il me faut courir, mes pieds ne le supporteraient pas aussi longtemps. Et quand je n’aurai plus de voix pour aboyer ni de dents pour mordre, que me restera-t-il d’autre que de me traîner d’un coin à l’autre et de grogner ?  » Dieu vit qu’il avait raison et lui ôta douze ans.

Le singe vient ensuite.  » Tu veux probablement bien vivre trente ans, lui dit le Seigneur, tu n’as pas besoin de travailler comme l’âne et le chien, et tu es toujours de bonne humeur. – Ah ! Seigneur, répondit-il, il semble qu’il en soit ainsi, mais la vérité est tout autre. Lorsque la purée de millet pleut du ciel, je n’ai pas de cuillère. Il me faut toujours faire des tours amusants et des grimaces, afin que les gens rient et, s’ils me donnent une pomme et que j’y morde, elle est pourrie. La tristesse se cache si souvent derrière la gaieté ! Je ne le supporterais pas pendant trente années.  » Dieu lui fit grâce de dix années.

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L’être humain arriva enfin, gai, frais et sain et il demanda à Dieu de lui compter son temps.  » Tu vivras trente ans, répondit le Seigneur, est-ce assez ? – Quelle courte période ! s’écria l’être humain. Quand j’aurai construit ma maison et que le feu brûlera dans mon âtre, quand j’aurai planté des arbres qui fleurissent et fructifient et que je songerai à me réjouir de ma vie, devrais-je mourir ? Ô Seigneur ! prolonge mon temps. – Je te donne les dix-huit années de l’âne, dit Dieu. – Ce n’est pas assez, reprit l’être humain. – Tu auras aussi les douze années du chien. – Pas encore assez. – Bien, alors, dit Dieu, je te donne encore les dix-huit années du singe, mais tu n’auras pas davantage.  » L’être humain partit, mais il n’était pas satisfait.

C’est ainsi que l’être humain vit soixante-dix ans. Les trente premières sont ses années humaines, elles passent vite ; il est en bonne santé, gai, il travaille avec plaisir et son existence le réjouit. Puis viennent les dix-huit années de l’âne, pendant lesquelles il est chargé d’un fardeau après l’autre : il lui faut porter le blé qui nourrit autrui, les coups de bâton et de pieds sont la récompense de ses loyaux services. Viennent ensuite les douze années du chien, il se traîne alors d’un coin à l’autre, grommelle et n’a plus de dents pour mordre. Et quand ces années-là se sont écoulées, les dix années du singe viennent en conclusion. Alors l’être humain n’a plus l’esprit clair, il fait des choses curieuses et les enfants se moquent de lui.     

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Le diamant et la goutte de rosée – Conte allemand

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Un beau diamant, qui avait autrefois brillé au doigt d’une princesse, gisait dans un pré, à côté de pissenlits et de pâquerettes. Juste au-dessus de lui, brillait une goutte de rosée qui s’accrochait timidement à un brin d’herbe.
Tout en haut, le brillant soleil du matin dardait ses rayons sur tous les deux, et les faisait étinceler.
La modeste goutte de rosée regardait le diamant, mais sans oser s’adresser à une personne d’aussi noble origine.
Un gros scarabée, en promenade à travers les champs aperçut le diamant et reconnut en lui quelque haut personnage.
- Seigneur, dit-il en faisant une grande révérence, permettez à votre humble serviteur de vous offrir ses hommages.
- Merci, répondit le diamant avec hauteur.
En relevant la tête, le scarabée aperçut la goutte de rosée.
- Une de vos parentes, je présume, monseigneur ? demanda-t-il avec affabilité en dirigeant une de ses antennes vers la goutte de rosée.
Le diamant partit d’un éclat de rire méprisant.
- Quelle absurdité! déclara-t-il. Mais qu’attendre d’un grossier scarabée ? Passez votre chemin, monsieur. Me mettre, moi, sur le même rang, dans la même famille qu’un être vulgaire, sans valeur et le diamant s’esclaffait.
- Mais, monseigneur, il me semblait… sa beauté n’est-elle pas égale à la vôtre ? balbutia timidement le scarabée déconfit.
- Beauté, vraiment ? Imitation, vous voulez dire. En vérité, l’imitation est la plus sincère des flatteries, il y a quelque satisfaction à se le rappeler. Mais cette beauté factice même est ridicule si elle n’est pas accompagnée de la durée. Bateau sans rames, voiture sans chevaux, puits sans eau, voilà ce que c’est que la beauté sans la fortune. Aucune valeur réelle là où il n’y a ni rang ni richesse. Combinez beauté, rang et richesse, et le monde sera à vos pieds. A présent, vous savez pourquoi on m’adore.
Et le diamant lança de tels feux que le scarabée dut en détourner les yeux, pendant que la pauvre goutte de rosée se sentait à peine la force de vivre, tant elle était humiliée.
Juste alors une alouette descendit comme une flèche, et vint donner du bec contre le diamant.
- Ah! fit-elle désappointée, ce que je prenais pour une goutte d’eau n’est qu’un misérable diamant. Mon gosier est desséché, je vais mourir de soif.
- En vérité! Le monde ne s’en consolera jamais, ricana le diamant.
Mais la goutte de rosée venait de prendre une soudaine et noble résolution.
- Puis-je vous être utile, moi ? demanda-t-elle.
L’alouette releva la tête.
- Oh! ma précieuse amie, vous me sauverez la vie.
- Venez, alors.
Et la goutte de rosée glissa du brin d’herbe dans le gosier altéré de l’alouette.
- Oh! oh! murmura le scarabée en reprenant sa promenade. Voilà une leçon que je n’oublierai pas. Le simple mérite vaut plus que le rang et la richesse sans modestie et sans dévouement; il ne peut y avoir aucune réelle beauté sans cela.

Le légendaire dragon

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Animal fabuleux qui figure dans la mythologie et dans les légendes populaires de presque tous les pays, le dragon est l’une des créatures mythiques les plus connues et les plus mystérieuses qu’il soit données de voir dans une mythologie. Il est le plus souvent figuré sous l’aspect d’un serpent ailé, avec une tête monstrueuse. Il est recouvert d’écailles, souvent vertes, armé de griffes et de dents aiguës, d’un dard menaçant, et vomit des flammes par la bouche. Dans l’Antiquité et au Moyen Âge, le dragon joue un rôle important dans les légendes héroïques. Citons chez les Grecs les dragons de la Colchide, celui du jardin des Hespérides, ceux de la fontaine de Castalie, le monstre que tua Persée, et, au Moyen Âge, les dragons tués par le chevalier Gozon et le chevalier de Belzunce, et ceux qui figurent dans l’Arioste. La victoire sur un dragon est d’ailleurs l’exploit qui couronne la vie de maints héros légendaires du Moyen Âge: le roi Arthur, Lancelot, Tristan, Siegfried, saint Georges, saint Marcel (qui vint à bout de celui de Paris), etc. On trouve aussi des exploits de ce genre dans la mythologie scandinave et chez les peuples asiatiques, notamment dans les légendes annamites et chinoises. Le dragon figure même dans le Nouveau Testament (Apocalypse), où il symbolise la puissance de Satan; on le retrouve dans l’iconographie de saint Michel.

La légende de la Vitória Régia (Bresil)

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Une jeune indienne aimait beaucoup les étoiles et voulait être l’une d’elles. Mais, pour devenir étoile, il fallait qu’elle touche la lune. Elle monta sur le sommet d’une colline dans cet espoir.A la nuit tombante, lorsque la lune apparut dans toute sa splendeur, elle fut suivie par une cohorte de belles étoiles. La jeune indienne, voulant toucher la lune qui se reflétait alors sur la surface des eaux,perdit l’équilibre et tomba, puis disparut dans les eaux.

Peinée par la disparition de la belle indienne, la lune la transforma en une belle fleur qui flotte sur les eaux, le nénuphar Victoria Regia, l’étoile des eaux, dont la beauté et le parfum agrémentent les lacs.

Les jardins suspendus de Babylone

  La  seconde merveille du monde.

Cet édifice fut construit au VI° siècle avant Jésus Christ par le roi de Perse, Nabuchodonosor II, qui régnait alors à Babylone (dans l’Irak actuel.). Ce dernier fit construire les jardins suspendus pour rappeler à son épouse, Amytis, la végétation des montagnes de son pays d’origine (la Médie, une région se trouvant aujourd’hui en Iran.).

Les Jardins suspendus de Babylone, gravure réalisée par Martin HEEMSKERCK, Pays Bas, XVI° siècle.jardinssuspendusbabylone.gif

Selon d’autres sources, se rapprochant plus de la légende que de la réalité, les jardins auraient été construits par la reine Sémiramis, épouse de Ninus, roi de Ninive.

Le fait est que cette merveille est la seule à ne pas avoir d’existence officielle. En effet, aucune trace archéologique n’a pu aujourd’hui confirmer que les jardins ont bel et bien existé. En outre, l’existence de cet édifice n’est relatée que par des textes grecs, mais jamais par des textes babyloniens. Chose d’autant plus étrange que Nabuchodonosor ne s’est jamais privé de mettre en avant la grandeur des édifices bâtis sous son règne (la porte d’Ishtar, le palais et le mur d’enceinte de Babylone, etc.). Mais pas un mot cependant sur les fameux jardins suspendus.

Il se pourrait, selon une nouvelle hypothèse, que les Grecs aient confondus Babylone et Ninive, cette dernière étant la capitale de l’Empire assyrien, qui précéda l’Empire perse.

Hauts de 23 à 92 mètres, les Jardins de Babylone étaient composés de plusieurs étages en terrasses, reliés par un grand escalier de marbre. L’édifice était soutenu par des voûtes et des piliers de brique. L’eau était ramenée de l’Euphrate, et remontait jusqu’au étages à l’aide d’un savant montage hydraulique.

Le python et la tortue – Conte Congolain

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 Un jour, Python eut envie d’avaler la chair tendre d’une tortue. Il envoya alors un message à sa tante tortue, dans lequel il lui demanda de faire une provision suffisante de vin de palme dont il était friand. Fidèle au message, Tortue fit consciencieusement son travail et amassa une quantité abondante de vin de palme. Le jour du festin, Python se rendit chez sa tante Tortue et tous deux se mirent à siroter un vin de palme d’excellente qualité. - Oh ! Je te remercie, tante Tortue, pour avoir répondu favorablement à ma demande, dit Python. - Buvons, petit-neveu ! Ne perdons pas un seul moment sans lever nos verres. Les deux parents se mirent à boire, à boire et à boire. La terre semblait tourner devant eux et les arbres danser. Pris de fatigue, ils se reposèrent à l’ombre d’un palétuvier et s’endormirent. Tortue se retira dans sa carapace, ignorant le danger qu’elle encourait. Profitant de cette occasion, Python bondit sur elle et l’avala d’un seul trait. Soudain, Tortue sortit de sa carapace, à moitié étouffée. - Où suis-je ? dit-elle, toute inquiète. Ah, le vilain serpent ! Il m’a avalée pendant mon sommeil. Eh bien, il payera cher son audace ! Ce disant, elle mit ses griffes sur les parois de l’intestin du serpent, puis sur son estomac. - Aïe ! Aïe ! gémit Python qui rampait difficilement. Arrivé chez lui, il demanda à sa femme de préparer un grand feu pour qu’il se réchauffe. - Aïe ! Aïe ! fit-il en se tordant de douleur. - Qu’as-tu ? Pourquoi gémis-tu ? demanda sa femme. - J’ai trop bu et j’ai mal au ventre. Aïe ! Je veux mourir. Sauvez-moi ! dit le serpent en versant des larmes. Sans attendre, son épouse courut chercher un sorcier. Malgré les nombreux soins qu’il prodigua à Python, il ne réussit guère à le guérir. Ce fut une succession de féticheurs et aucun d’eux ne réussit à le guérir. Python gémissait, hurlait de douleur quand Tortue le mordait et le griffait. Il vivait ses dernières heures, agonisant : - Va appeler mon oncle Milan. Peut-être réussira-t-il à me guérir.  Alerté par Mme Python, Milan arriva sur les lieux, muni d’un gros sac de plantes médicinales ; il sortit une bouteille de vomitif et se mit à chanter et à danser. «  Ô oncle rampe prestement Le serpent n’avale pas la tortue. Et toi et toi ? Tante Tortue réveille-toi Regarde, je danse honnêtement. Le serpent n’avale pas la tortue. »  Tout en chantant, Milan exécutait une danse endiablée, tournait en rond sur un seul pied, faisait des mouvements de hanches, s’arrêtait au milieu du public et frappait dans ses mains. Puis, saisissant la bouteille, il fit boire le vomitif à Python puis entonna : Lou ouidi oua yayé ! Oh! Oh ! Meka nouana ! Oh ! Oh ! Vous avez entendu ! Oh !Oh ! Mes médicaments agissent ! Oh ! Oh !  La Tortue fut basculée, entraînée par le médicament vers l’œsophage. Un grand hoquet expédia le vomitif et la Tortue hors du ventre du serpent. Milan frappa sa poitrine pour vanter l’efficacité de ses plantes médicinales.   C’est donc depuis ce jour que les serpents ont renoncé à manger les tortues.  serpant027.gif

Ori-Tsuru

 La petite grue de papier des écolières japonaises

Une des représentions d’origami la plus célèbre , est la grue du Japon. La grue est un animal important pour le Japon car il symbolise la longévité. La tradition veut que quiconque plie mille grues de papier voit son voeu s’exaucer.
La grue d’origami est devenue un symbole de paix en raison de cette légende, et d’une jeune fille japonaise appelée Sadako Sasaki.

Sadako a été exposée, enfant, au rayonnement du bombardement atomique d’Hiroshima. Entendant la légende, elle décida de plier 1 000 grues pour guérir. Elle mourut de leucémie en 1955 à l’age de 12 ans après avoir plié 644 grues. Ses compagnons de classe plièrent le nombre restant et elle fut enterrée avec la guirlande de 1 000 grues.
Une statue représentant Sadako existe dans le Parc de la Paix d’Hiroshima : Une jeune fille se tenant les mains ouvertes, un vol de grue de papier au bout des doigts. Chaque année la statue est ornée de milliers de guirlandes de mille grues d’origami .
Le conte de Sadako a été raconté dans beaucoup de livres et de films. Dans une version, Sadako écrit un haïku:

J’écrirai la paix sur vos ailes,
et vous volerez autour du monde,
de sorte que les enfants ne meurent plus de cette façon.

On retrouve également ce symbole au monument Himeyuri d’Okinawa, consacré aux écolières infirmières tuées pendant la bataille.

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L’arbre qui voulait rester nu

Texte tiré d’une série de contes de Antoine LANG  intitulés  » De fleurs et d’arbres ».

Pour voir le site de l’auteur, cliquer sur le présent lien.

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Il était une fois un arbre. Au beau milieu d’un verger, il était sorti de terre, petite pousse verte et fragile se confondant avec les herbes alentours. Curieux de tout, il regarda bien vite le monde qui l’entourait, les fleurs qui s’ouvraient le matin et se refermaient le soir, les oiseaux qui sifflaient en sautant de branche en branche, le paysan qui venait tôt le matin cueillir les fruits des arbres, les graminées qui ondulaient sous la caresse des vents…Ah !, il le trouvait beau ce monde autour de lui, il avait envie lui aussi de participer à cette beauté, de trouver sa place dans cette harmonie.

Une année s’écoula et, ayant grandi, il était devenu un petit rameau portant quelques tiges. Il se rendit compte qu’il n’était pas un brin d’herbe comme il l’avait crû tout d’abord, mais un arbre et se mit à observer plus attentivement ses aînés.

Il les trouvait si grands, si beaux recouverts de leurs feuilles et de leurs fleurs ; il fût si émerveillé de voir toutes ces fleurs se transformer en fruits, il fût si attendri des soins attentifs que leur apportait le paysan, mais…

Mais, se regardant, il s’aperçut que son écorce ne ressemblait à aucune de celles qui les habillait, que ses branches n’avaient pas la même forme que les leurs. Alors, il eût peur, peur de n’être pas assez grand, peur de n’être pas assez beau, peur de ne pas porter assez de fruits, il eût peur que les autres, pommiers, poiriers, mirabelliers… n’acceptent pas sa différence et il décida de ne produire ni feuille, ni fleur, ni fruit.

C’est ainsi que les années passèrent, à chaque printemps, son tronc s’épaississait, s’allongeait, de nouvelles branches poussaient, mais… ni feuille, ni fleur, ni fruit.

Pour ne pas se trouver nu face aux autres, il s’était depuis son jeune âge laissé peu à peu recouvrir par un lierre grimpant, par des liserons et par des bouquets de gui : ne sachant à quoi il pourrait ressembler, il se couvrait d’une beauté qui n’était pas la sienne.

Le jardinier plus d’une fois projeta de le couper pour en faire du bois de chauffage, mais trop occupé par ailleurs, il remit chaque fois cette tâche à plus tard. Un matin pourtant il vint, armé d’une grande hache et commença par couper le lierre qui enserrait l’arbre. Du lierre, il y en avait tellement que cela lui prit toute la journée et qu’une fois de plus, il remit l’abattage à plus tard. Cette nuit là, un petit ver parasite piqua le liseron qui en mourut aussitôt et le lendemain, les oiseaux du ciel apercevant le gui vinrent le picorer.

Il ne restait plus de l’arbre au milieu du verger qu’un tronc et des branches : il ne restait plus que l’arbre au milieu du verger.

S’apercevant soudain de sa nudité et ne sachant par quel artifice la couvrir, il se décida enfin à laisser pousser tout au long de ses branches de belles petites feuilles d’un vert tendre, à laisser éclore au bout de chaque rameau de mignonnes petites fleurs blanches contrastant joliment avec le brun de la ramure et le vert du feuillage

Le paysan sur ces entrefaites revint avec sa hache et découvrant à la place du tronc inutile un magnifique cerisier, ne trouva plus aucune raison de le couper. Il le laissa donc, trop heureux du miracle qui s’était produit.

Depuis ce jour, l’arbre vit heureux au milieu du verger, il n’est pas comme les autres, ni plus beau, ni plus grand, mais tout aussi utile. Il a compris que ni la texture de l’écorce, ni le tracé des branches, ni la forme des feuilles, ni la couleur des fleurs n’ont d’importance : seuls importent les fruits qu’il porte et que nul autre que lui ne peut porter.

Aussi, tous les ans, à la belle saison, les enfants du paysan viennent avec une échelle et, s’éparpillant dans sa ramure, se gavent de ses fruits et le réjouissent par leurs rires.

N’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter, car nul autre ne pourra les porter pour nous, mais chacun pourra s’en nourrir. N’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter.

Car chaque fois que nous les refuserons, il manquera quelque-chose dans le monde ; n’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter, car chacun d’eux permettra de faire grandir la Vie et l’Amour que Dieu nous a donnés.


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