Le passage à travers les arbres

Superstitions en Provence -D’après « Superstitions et survivances », 1896

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Quand on quitte la gare de Sanary, sur le chemin de fer de Nice à Marseille, à neuf kilomètres environ de Toulon, et qu’on se dirige vers le village d’Ollioules, on rencontre, à une centaine de mètres de la voie, sur le bord d’un petit sentier rural, un chêne, qui est d’ailleurs d’une assez belle venue, mais dont le tronc présente une disposition assez bizarre : à un endroit donné de sa hauteur, il est partagé en deux, par une fente de plus d’un mètre de longueur, de 3 à 8 centimètres d’ouverture, comme s’il était constitué par deux branches qui, après s’être séparées, se seraient réunies de nouveau. Cette disposition n’est pas un jeu de la nature, mais bien l’oeuvre de l’intervention humaine ; en y regardant de près, on voit que, primitivement, le tronc de cet arbre a été fendu en deux, et que l’hiatus est le résultat de la cicatrisation accidentelle d’une partie de la fente.

Il n’est pas rare de rencontrer dans les champs, en Provence, des arbres qui présentent cette disposition. C’est le plus souvent des chênes, mais cependant on constate que des frênes, des noyers, des ormes, des peupliers, des pins même, ont été ainsi fendus intentionnellement, puis ont été entourés d’un lien, pour que les parties séparées se réunissent.

Quand on cherche à savoir pourquoi certains arbres ont été ainsi traités, on ne tarde pas à apprendre que c’est parce qu’ils ont servi à la pratique d’une vieille superstition des paysans provençaux, qui croient fermement qu’en faisant passer, à un moment donné, un enfant à travers un tronc d’arbre fendu, on peut le guérir de telle ou telle maladie.

C‘est surtout contre les hernies des petits enfants que ce passage à travers le tronc d’un arbre est considéré comme efficace ; et voici comment la crédulité publique conseille de procéder : il faut prendre un jeune arbre d’apparence bien vigoureuse, le fendre dans sa longueur, sans l’arracher ni pousser la fente jusqu’aux racines ; puis, écartant les deux parties de l’arbre, faire passer entre elles, à trois ou sept reprises différentes, dans une même séance, le petit hernieux. Une fois cela fait, les deux portions de la tige sont rapprochées très exactement et maintenues en contact à l’aide d’un lien très fortement serré. Si ces parties se recollent bien, et que l’année d’après l’arbre a repris la solidité de sa tige, l’enfant est guéri ; si, au contraire, la fente ne s’est pas soudée, on peut prédire que l’enfant restera hernieux toute sa vie.

5 commentaires à “Le passage à travers les arbres”


  1. 0 chasseurdimagesspirituelles 5 nov 2010 à

    ne surtout se moquer de ces croyances,les anciens savaient à quel point nous sommes liés à la nature,notamment et surtout végétale.
    Des liens inexplicables mais pourtant réels.
    Bonne journée Béatrice

    Dernière publication sur Chasseur d'Images Spirituelles : Il faut rompre le silence

  2. 1 Eric 5 nov 2010 à

    pas mal mais le côté infliger ça aux arbres me gêne ! je me dis que faire du mal pour faire du bien, n’est jamais la solution !

  3. 2 ALAIN 5 nov 2010 à

    Les anciens avaient parfois des pratiques bizarres !!! Etait-ce efficace ? C’est la question …
    ARSENE GRISALI

  4. 3 jcn54 5 nov 2010 à

    Et pourquoi pas?
    J’aimerais assez que cette croyance soit réelle…
    JC

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  5. 4 vertjean 5 nov 2010 à

    je connaissais pas du tout et je suis enchantée de faire cette rencontre.
    Merci beaucoup

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